Rencontre de bulles à la clinique

Aller à des manifs ? Randonner seule ? Un plaisir pour moi, jusqu’à… cet été. Soudain, sans prévenir, tout est devenu compliqué. J’ai enchaîné les crises de paniques, même juste devant chez moi. L’impasse… Desespérée… Clouée à mon canapé… C’est alors que j’ai demandé à être prise en charge à la clinique des Pervenches.

Quand je suis arrivée à la clinique, j’étais désorientée et super inquiète. Qu’est-ce qui m’arrivait ? J’ai appris que c’était de l’agoraphobie. Je pensais que l’agoraphobie, c’était avoir peur dans le foules… Eh bien pas que ! C’est avoir peur dans les foules et dans les espaces ouverts… Bingo !

Au début, donc, j’ai vécu comme un bernard l’hermite. Réfugiée dans ma chambre, figée. Un jour, une bonne dizaines de jours après mon arrivée, j’étais assise bien inquiète sur mon, lit, et j’ai vu mes pieds. J’ai eu envie de faire une photo. C’était avec mon téléphone, mais quand même, j’adore faire clic. J’ai eu envie d’en faire d’autres. J’en ai fait plein ma chambre… Et puis, à cours d’inspiration, j’ai eu envie, pour la première fois, de sortir de ma chambre pour faire d’autres clics. Et puis, j’ai rencontré des gens, d’autres clics.

J’ai eu envie (énorme, cela faisait longtemps que je n’en avais plus), de raconter mon histoire et celle de mes rencontres en images. « Rencontre de bulles à la clinique » était né… On l’entend souvent dire, que l’art, le dessin, la photo permet de se retrouver, de se recentrer. Je viens de le vivre…

Il m’a fallut du temps, beaucoup de temps, pour m’approprier mon agoraphobie, ne plus en avoir trop peur, oser penser que j’allais redevenir comme avant. Maintenant, des mois après, ce n’est pas encore ma copine. Mais on est assez potes. Elle est devenue mon agoraventure…

Assez parlé, place aux images! Je remercie tous ceux et celles qui m’ont aidée ou ont participé à ce projet. A toi aussi, Jean.